Ma pratique : La psychothérapie de soutien

Lorsque nous avons mal à la tête, lorsque nous nous faisons mal pendant une chute, ou lorsque nous nous coupons avec un objet tranchant, nous savons que nous n’avons pas à nous inquiéter. Non seulement nous pouvons y remédier en déployant des gestes appropriés ; mais également nous nous rassurons de ce que notre organisme se rééquilibre de lui même dans une lignée homéostatique.

Mais qu’en est-il de nos autres souffrances ?
Celles que les autres ne voient pas, ou qu’on ne peut pas montrer de peur du jugement des autres.
Celles qui perdurent et qui nous isolent tous les jours un peu plus.

Bien que nous vivons tous les situations de manière différente, toute situation se vit physiquement et psychologiquement. Et si au niveau physique, nous pouvons agir sur les répercussions d’un accident, d’une maladie, soutenus par notre famille et notre médecin dans l’apport des soins, leur optimisation, l’amélioration et la gestion du quotidien ; il en est tout autrement quant au retentissement psychologique de l’événement vécu. L’équilibre interne vient à se briser. Des perturbations affectent l’image qu’on a de nous-même, notre amour-propre, notre estime personnelle ; nos pensées et nos rêves sont assiégés. Nous ne sommes plus dans la continuité de ce que nous sommes et de notre perception de soi et du monde : Rien n’est plus pareil.

Quelque chose en nous, nous pousse à agir, à trouver une solution pour nous sortir de là.
Mais où aller ?
Vers qui se tourner ?
Sur qui s’appuyer ?

Le soutien, c’est quelque chose qui nous semble aller de soi. Par le passé on en a eu de personnes aimantes comme notre famille, nos amis, nos professeurs, nos collègues et même par le geste de certaines personnes inconnues.

Mais il est des cas où ce soutien habituel n’opère pas ou plus : on a l’impression que les personnes qui nous aiment ne nous soutiennent pas, ne nous soutiennent plus ; ne savent plus nous soutenir voire qu’elles ne nous aiment plus et peut-être même qu’elles ne nous ont jamais vraiment aimé pour ce qu’on était. Dans un cas extrême de souffrance, on ne sait plus à quoi ou à qui se raccrocher ; on finit même par acquérir la conviction d’être un poids pour ceux qu’on aime ; le temps où on a connu bonheur est passé, semblable à un mirage :
la vie n’en vaut plus la peine.

Dans la psychothérapie, le thérapeute, ne faisant pas partie de l’environnement habituel de la personne consultante, est à bonne distance. Et au travers de la psychothérapie de soutien, il s’agit :

  • - de permettre à la personne soutenue de redevenir capable d’affronter l’existence et les conflits qu’elle suscite.
  • - d’évaluer, pour cela, ce qui affaiblit le moi, en prenant en considération les rapports entre la conscience et l’inconscient ;
  • - et d’en fortifier la personnalité consciente.

La contenance du moi que prône la psychothérapie de soutien, se voit renforcée à plusieurs moments. Par exemple, lorsque :

  • - la pensée est encouragée : la personne peut oser penser et oser dire ce qu’elle pense et ressent ;
  • - l’empathie enveloppe les propos de la personne consultante ;
  • - de la valeur est reconnue à tout effort et progrès ;
  • - des éléments de réponses sont apportés quant à l’état de souffrance, la maladie, ce qui peut l’aggraver, l’améliorer, aux éventuelles rechutes ;

Ce qui est amené pendant la consultation par la personne consultante est entendu, reconnu ; mais ne fait pas l’objet d’une analyse, comme dans la psychothérapie analytique amenant la personnalité à un remaniement en profondeur de soi. Dans ce cas précis, la personne est aussi en souffrance, a des difficultés dans certains domaines de sa vie, qui n’empiètent toutefois pas sur ses activités normales. La personne qui nécessite une psychothérapie de soutien, elle, est face à des conflits qui dépassent et altèrent son moi si bien qu’elle ne sait plus ou ne se sent plus la force d’y faire face seule.

D’avis que : c’est le soin qui est à adapter à la personne et non le contraire, les procédés thérapeutiques en psychothérapie de soutien peuvent aussi bien compter sur :

  • - l’alliance thérapeutique ;
  • - l'accroissement de l'espoir ;
  • - des moments d'expression d’émotions douloureuses jusqu'alors évitées ;
  • - le développement de nouvelles habilités.

En ce sens, le thérapeute, dans la psychothérapie de soutien, est une personne soutenante de par ses connaissances assises de l’homme et de son fonctionnement psychique ; mais aussi de par ses expériences et qualités humaines.