Traitement des schizophrénies

A l’heure actuelle, aucun traitement ne permet d’éradiquer la schizophrénie. Néanmoins, la combinaison de traitements médicamenteux et psychosocial permettent au patient et à la famille d’en contrôler les conséquences.
Le traitement médicamenteux repose sur l’ordonnance d'antipsychotiques. Ceux-ci sont de type incisif ou antiproductif  tel que l’haldol lorsque les symptômes majeurs sont  le délire, l’hallucination, des comportements bizarres, un langage incohérent (symptômes positifs ou productifs). L’angoisse et l’agitation se verront traiter par un neuroleptique sédatif tel que le Largactil. Mais si au contraire le patient présente des signes négatifs ou déficitaires tels que l’inhibition, le repli autistique, l’apragmatisme, alors, les neuroleptiques préconisés seront de type désinhibiteur  tels que le Dogmatil ou le Solian. Ce traitement neuroleptique peut soit être combiné à d’autres psychotropes en cas de troubles de l’humeur. Les antidépresseurs régulant l’état dépressif et les thymorégulateurs l’état d’excitation (schizophrénie dysthymique). Soit être relayé par la sismothérapie lors de formes schizophréniques très résistantes (schizophrénies très anxieuses ou très désorganisées), ou encore lorsque le patient connaît des accès catatoniques.
Parallèlement au traitement médicamenteux, le patient bénéficie de tout un encadrement psychothérapeutique et social. Celui-ci se centre sur les difficultés que rencontre le patient dans sa vie de tous les jours, mais aussi, sur sa souffrance psychique. Pour pouvoir avancer, le patient doit, tout d’abord, connaître le pourquoi et le comment de sa maladie. La psychoéducation individuelle permet, en ce sens, une meilleure compréhension de la maladie et, par conséquent, une meilleure acceptation du traitement médicamenteux. Mais celui-ci est long et très difficile à observer étant donné les nombreux effets secondaires qu’il occasionne tels que les spasmes musculaires, les dyskinésies, l’hypotension, la constipation, la difficulté à uriner, le dysfonctionnement sexuel. C’est, ainsi, que la psychothérapie de soutien s’avère indispensable.  Il s’agira de soutenir le patient dans cette longue épreuve, mais aussi de l’aider à réduire sa souffrance psychique, qui, en fait, dépasse largement les symptômes traités médicalement. L’estime de soi, par exemple, se voit entravée par le sentiment de ne rien valoir, ou de n’être rien pour les autres et pour soi. Le patient est en proie à une grande impuissance qui l’inhibe dans sa vie quotidienne. Mais surtout est frappé du sentiment de culpabilité. Tous ses sentiments, doivent s’exprimer avec une personne contenante et bienveillante. Sa bienveillance réside dans le fait que le thérapeute, encourageant son patient à la verbalisation, ni ne juge, ni ne critique. Il est entièrement empathique. Sa présence permanente en cas de crises, la disponibilité qu’il montre au patient à chaque fois que celui-ci en éprouve le besoin, permettent au patient d’avoir  réellement confiance en lui. Face à un thérapeute qui a prouvé son engagement, le patient peut, alors, s’engager. Cette alliance est la base du travail thérapeutique. C’est, en effet, plus facile de parler de soi, de ses émotions face à une personne qui ne nous veut pas du mal, face à une personne qui nous veut du bien et qui est profondément sincère, face à une personne différente des autres. Les démons qui siègent le patient (la peur, l’angoisse, l’impuissance, l’incompréhension, la culpabilité,  le doute, la mort) seront combattus grâce à la réassurance, la suggestion, l’explication de symptômes. Des tensions pourront être dégagées et les sentiments "négatifs" liés à des sentiments "positifs". Le moi s’en trouve, ainsi, fortifié. Si le patient est dans une grande difficulté à verbaliser, son intégration au sein d’un  groupe de patients schizophrènes ayant la même souffrance, de personnes qui le ressemblent peut permettre au patient de s’ouvrir plus facilement (thérapies de groupes).
Dans cet objectif de stabilisation de l’état du patient, la famille est un allié de choix et plus particulièrement, dans la prévention des rechutes. La thérapie familiale psychoéducationnelle aura pour mission non seulement de les informer au mieux sur la schizophrénie (causes, manifestations cliniques, traitement) mais surtout, de leur apprendre à reconnaître les signes de rechute, à adopter des comportements appropriés, et à redoubler de vigilance sur des facteurs pouvant faire décompenser l’état du patient. Tout stress doit être évité et, donc, tout ce qui est en mesure de le générer tel que  des émotions fortes, la drogue, l’alcool. L’intervention de la famille est d’autant plus importante qu’elle est lourde de significations. En effet, son intervention marque sa présence et un grand soutien au parent en souffrance. Un gros message d’amour  semble, ici, délivré. Lorsque le patient accepte le rôle "salvateur" de sa famille dans sa tentative de guérison, un lien nouveau semble se créer. Un lien d’acceptation de chacun des partis. Et l’impuissance, la culpabilité, la tristesse que la famille a pu ressentir peut trouver une fin plus heureuse. Mais cela ne signifie pas, malheureusement, la fin des difficultés. Ce lien doit être préservé au mieux et aller dans le sens de l’épanouissement de chacun. Pour venir en aide au parent en souffrance et se venir en aide, la famille doit elle, aussi, être guidée par un thérapeute qui, lui, sera à son écoute. Des interventions plus profondes quand à l’interaction même au sein de la famille peuvent être proposées. Elle peut, également,  venir se ressourcer auprès de groupes d’entraide pouvant partager leurs expériences avec la famille et leur apporter réconfort et soutien.
Afin que le patient parvienne à réinvestir la vie sociale différentes activités lui sont proposées. Certaines cherchent à le stimuler (arthérapie), à lui faire reprendre goût des choses simples (promenade, bateau, spectacle, restaurant, bricolages, jeux de société, faire des gâteaux et les manger) et à avoir de l’estime pour soi et les autres (développement du sentiment d’appartenance à son groupe, d’une identité de groupe), d’où la sociothérapie. D’autres telles que les thérapies cognitivo-comportementales s’attaquent aux compétences, à proprement dit.
L’entraînement aux habiletés sociales, par exemple, développe un programme en trois phases permettant au patient de devenir un acteur social. Il s’agit de développer, premièrement, les capacités du patient à identifier et à comprendre les paramètres importants d’une situation sociale, par exemple, reconnaître si une personne est disponible pour répondre à une question. (habiletés réceptives). Deuxièmement, il s’agira de lui apprendre à choisir une réponse appropriée à la situation sociale rencontrée et à déterminer un plan d’action, telle que  changer de sujet de conversation lorsqu'il apparaît que notre interlocuteur s'ennuie (habiletés décisionnelles). Troisièmement, à avoir le comportement adapté (la posture, les expressions faciales, le ton ou  volume de la voix). Ce sont des habiletés comportementales. Grâce à ces nombreuses techniques (l'établissement et la planification des buts, la présentation de modèles, l'exercice des performances sociales à travers des jeux de rôle, le renforcement positif, des instructions, des conseils, les feed-back oraux et vidéo, des exercices in-vivo et la prescription de tâches à accomplir dans l'environnement naturel, une méthode de résolution de problèmes), l’entraînement aux habiletés sociales, permet au patient d’avoir une vie plus autonome. Celui-ci pourra apprendre à prendre soin de lui (se doucher, se raser, s’habiller), à gérer son traitement, ou encore sa finance.
Celles-ci débutent dès l’hospitalisation et se poursuivent jusqu’à ce que cela s’avère nécessaire. Certaines prennent en charge la difficulté du patient à communiquer avec les autres. D’autres enseignent les habiletés sociales nécessaires dans les relations interpersonnelles et visent le maintien et la généralisation de ces habiletés dans la vie réelle du patient (« Habiletés de vie sociales et indépendantes »). Le patient pourra, également, bénéficier d’aides et  de conseils pour tout ce qui a trait à sa vie quotidienne (réalisation des tâches ménagères, utilisation des transports en commun, gestion financière) Le retours ou l’accès à une vie professionnelle se voit favorisé par un conseil professionnel suivi d’une formation.

 
Des mesures sociales sont prises afin de permettre au patient de conserver une certaine autonomie. La Commission Technique d’orientation et de Reclassement Professionnel (Co.To.Re.P) aide la personne  adulte ou adulte jeune de plusieurs manières. Soit elle l’oriente  vers un emploi compatible avec ses aptitudes, soit vers un stage de réadaptation, soit vers un atelier protégé ou un Centre d’Aide par le Travail (C.A.T). En cas d’incapacité à travailler, la Co.To.Re.P peut octroyer une allocation adulte handicapé et être pris en charge dans un hôpital de jour afin qu’un travail d’autonomisation puisse être effectué. Ce type de patient peut également bénéficier d’hébergement en foyer ou en appartement thérapeutique.
Un patient atteint de schizophrénie bénéficie de différentes aides qui le permettent de devenir actif. Ce rôle actif commence dès sa reconnaissance de la nécessité d’observer le traitement médicamenteux. Et se poursuit dans ses différentes démarches, preuves d’un certain engagement, auprès de différentes structures  (Centre Médico Psychologique ; Co.To.Re.P). L’encadrement dont il bénéficie repose sur l’alliance d’infirmiers, de psychologues, de psychiatres, et de professionnels annexes, dans le respect de la personne. Tout cet encadrement doit, lui aussi, être clairement expliqué au patient afin d’éviter qu’émerge, là encore, le sentiment de dispersion, d’absences de limites, de se noyer dans le flou.

Ressources :
www.schizosedire.com
recherche.univ-lyon2.fr/lab-psd/IMG/ppt/sociothmoncton2002.ppt –
www.wikipedia.fr/
www.annuairesante.com